Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
Mes chers collègues,
Jamais je naurai du être amené à vous poser cette question lors de la séance des questions dactualité. Mais les décisions à prendre ne layant pas encore été, il est devenu urgent que vous nous donniez, Madame la Ministre, une réponse attendue, une prise de position claire et définitive sur la sortie du décret relatif à la rémunération des heures passées en chambre de veille par les éducateurs des associations financées par les conseils généraux notamment. Toute attente de votre part ne ferait que compliquer les relations entre salariés, associations, employeurs et bailleurs de fonds.
Jusquen 1995 tout allait bien. Les heures passées en chambre de veille étaient rémunérées sur la base déquivalences instituées par les conventions collectives. Mais en 1995, le doute commença à sinstaller avec un arrêt de la Cour de Cassation ; il en ressortait que le fait de rester en permanence à la disposition de lemployeur était constitutif dun travail effectif et devait être rémunéré au tarif heures pleines.
Le Gouvernement, tardivement, crut trouver la solution : la loi Aubry II du 29 janvier 2000 validant, dans son article 29, les heures déquivalence instituées par des conventions collectives agréées dans les secteurs sanitaire et social.
Cette loi définit, par ailleurs, le régime dinstauration des heures déquivalences qui requiert, soit un accord de branche étendu complété par un décret simple, soit un décret en Conseil dEtat.
Les conséquences financières de votre attentisme sont très lourdes. Cest ainsi que, pour une association de Bretagne, le surcoût à financer sélèverait à 4,17 millions de francs sur la seule année 2000, soit plus de 20 millions de francs pour un rappel de cinq ans.
Un jugement donnant raison au salarié peut aller jusqu ordonner le versement de 300 000 francs de rappel de salaire. Cela ne pourra que conduire à des dépôts de bilan ou à la mise en uvre de dispositifs alternatifs contraires aux intérêts des associations et de leurs salariés.
Dans un courrier du 4 avril 2000, Madame Nicole PERY indique que la signature du décret que je vous réclame aujourdhui interviendra avec les vacances dété. De nombreux courriers vous sont parvenus sur le sujet depuis plus dun an maintenant.
Il faut, Madame la Ministre, arrêter le suspens qui na que trop durer, dautant que le projet de décret est rédigé et quil nattend que votre signature pour être adressé au Conseil dEtat.
Réponse de Madame Elisabeth GUIGOU
Monsieur le Sénateur, comme vous lavez rappelé, nous avons tenté de résoudre le problème que vous mentionnez par la loi du 19 janvier 2000.
Mais il est vrai aussi que nous avons de multiples contentieux en cours. Des décisions définitives ont été rendus. Portant sur des périodes anciennes, puisquil sagit dactions engagées avant la publication de la loi du 19 janvier 2000, elles donnent dailleurs satisfaction aux salariés. Quant aux contentieux postérieurs à la publication de cette loi, nous ne saurions anticiper les jugements.
Compte tenu de cette incertitude, il est très difficile dextrapoler les incidences budgétaires prévisionnelles sur les budgets de lensemble des établissements concernés.
Nous avons évidemment prévu de traiter les incidences budgétaires de ces contentieux par la réglementation.
Nous sommes tout à fait conscients des difficultés que peut occasionner pour certaines petites association le poids de ces contentieux. Cest pourquoi nous étudions, pour le champ de financements Etat et assurance-maladie, une procédure qui permettra, dune part, dévaluer la charge exceptionnelle globale et, dautre part, les risques encourus par certains départements ou certaines associations pour le maintien ou la poursuite de leurs activités.
Lobjectif reste de mettre en place, dès que les décisions définitives seront rendues le plus rapidement possible donc - les compléments de dotation ponctuels qui sont absolument nécessaires. Nous souhaitons que les autres cofinanceurs sinspirent de cette procédure.
Pour lavenir, nous constatons que les partenaires sociaux nont pas réussi à saccorder sur un nouveau régime déquivalence négocié au cours de lannée 2001. Aussi le gouvernement a-t-il décidé de prendre, comme la loi ly autorise, un décret soumis à lavis du Conseil dEtat afin de conforter la légalité du dispositif conventionnel.
Toujours pour lavenir, il apparaît souhaitable que les partenaires sociaux puissent négocier, sur le plan national et sur le plan local, un accord mutuellement satisfait qui prenne en compte les légitimes intérêts des salariés sans générer des effets " daubaine " qui ne seraient pas compatibles avec une bonne gestion des fonds publics.
