REVUE DE PRESSE

Philippe Nogrix soutient la demande de régularisation d'une famille.

04 Juillet 2007 - Ouest France

 

Le petit Kurde amoureux des auteurs français

Umut (chemise à carreaux) avec son père,
sa mère et quelques parents, 
élèves et enseignants de l'école Saint-Joseph.

Menacée d'expulsion à Fougères, sa famille demande une régularisation.

D'autant qu'un CDI d'embauche attend le père.

 

Les yeux d'Umut (prononcer Oumout), 11 ans et demi, pétillent quand il cite Zola dont il dévore les ouvrages en ce moment. Il passe son temps disponible à lire à la bibliothèque municipale. C'est sûrement étonnant, mais avant 2005, le français était une langue qu'Umut ignorait totalement.

L'histoire de la famille Küchar commence dans une petite ville de la partie kurde de la Turquie. Le père, Sami, est patron d'un café. Lui est totalement apolitique mais ses clients sans doute un peu moins. Bref, il reçoit des menaces de la part des autorités. D'autant plus inquiétantes qu'il appartient à la communauté Alévi, un courant musulman extrêmement tolérant mais discriminé en Turquie.

Devant le danger qui se précise, Sami quitte son pays en 2002 et arrive en France où il demande l'asile politique. Malgré ses nombreuses démarches, il lui est refusé définitivement en 2005. Toutefois, l'arrêté d'expulsion n'est pas exécuté. Sami quitte la France fin 2005 pour la Belgique où sa femme et son fils le rejoignent. En Belgique également, sa demande de permis de séjour reste vaine. En juillet 2006, la famille arrive à Fougères. Sami y a déjà séjourné et il compte un réseau d'amis dans la population.

Élus de droite et de gauche

Après une courte scolarité en Belgique, Umut fait donc plus ample connaissance avec le français. Ses parents l'inscrivent à la rentrée 2006 à l'école Saint-Joseph de Fougères. Il ira en CM2 et l'équipe enseignante met en place une batterie d'aide pour une meilleure intégration. Une institutrice à la retraite le prend en charge plusieurs soirs par semaine. Le résultat, c'est que Umut maîtrise désormais totalement la langue et doit normalement rentrer en 6e au collège Sainte-Marie « C'est un garçon très studieux et qui n'a jamais posé de problèmes » insiste Robert Fourmont, le directeur de Saint-Joseph. De son côté, Sami a reçu une promesse d'embauche en CDI comme cuisinier. Oui, mais l'année scolaire est finie et la famille doit recevoir son arrêté d'expulsion vendredi.

D'où une intense mobilisation, comme cette pétition signée par 110 parents d'élèves, une centaine d'amis, et 30 personnes de l'équipe pédagogique de Saint-Joseph. Avec le soutien de Philippe Nogrix, sénateur ; Thierry Benoit, député ; Louis Feuvrier, maire de Fougères ; Marie-Thérèse Boisseau et Marie-Pierre Rouger, conseillères régionales ; Bernard Marbeuf, maire de Lécousse ; Isabelle Biard, conseillère d'opposition et plusieurs autres élus, toutes couleurs politiques confondues.

« La loi, c'est la loi », admet Robert Fourmont, « mais la famille Kücar répond parfaitement aux critères d'intégration prônés par le président Sarkozy : le père n'a jamais eu affaire avec la justice, il parle bien français, et aura un travail où l'on manque énormément de main-d'oeuvre ; le fils est un brillant élève et manifeste un amour authentique pour notre culture. Que dire de plus ? ». Peut-être ce que souffle une camarade du petit garçon : « Si ça se trouve, Umut travaille tellement bien qu'il deviendra Président. »

Dany PORIN - Ouest France

 

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